La crise du logement touche de plus en plus de personnes, issues de milieux socio-économiques de plus en plus divers. Le statu quo risque de priver de nombreuses personnes de logements abordables. Le logement collaboratif offre une alternative : il privilégie le partage des ressources, l'accessibilité financière et l'inclusion, favorisant résilience, adaptabilité et sécurité là où les marchés traditionnels sont défaillants.
Le problème: Défaillance du marché
En 2021, les prix de l'immobilier sont en hausse dans le monde entier à leur rythme le plus rapide depuis 40 ans, dépassant de loin l'augmentation des revenus dans la plupart des pays. En Europe, au moins 100 millions de personnes à revenus faibles et moyens consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible au logement, et le nombre de sans-abri est en augmentation.
Le marché immobilier privé, dominé par des promoteurs immobiliers à but lucratif et façonné par la financiarisation du foncier et du logement, exclut de plus en plus de personnes de l’accession à la propriété et des options de location abordables.
Les derniers chiffres d'ONU-Habitat montrent que la majorité des financements pour le logement sont orientés vers des solutions de marché qui ne répondent pas aux besoins de logement. Parallèlement, le secteur du logement social, qui fait partie d'un modèle de protection sociale lui-même en difficulté, n'a pas la capacité de combler ce déficit.
La solution:Un modèle de logement pour des communautés prospères
Il est prouvé que l'habitat collaboratif offre un logement abordable à long terme, tout en créant des quartiers écologiquement durables et socialement solidaires. Les initiatives d'habitat collaboratif sont mises en place, développées et contrôlées par les membres de leur instance dirigeante, généralement des résidents. Ces derniers participent activement aux décisions démocratiques et ont leur mot à dire sur la gestion des logements.
Alors que le logement axé sur le marché contribue à générer des bénéfices pour les promoteurs et les propriétaires, le logement collaboratif existe pour répondre aux besoins et aux aspirations de ses membres en matière de logement, les finances étant recyclées et les actifs immobiliers conservés pour le bénéfice à long terme de la communauté.
Au cours des dernières décennies, deux formes principales de logement collaboratif ont émergé dans les villes européennes :
- Coopératives d'habitation avec droit d'usage : Une coopérative est propriétaire du terrain ou le loue, généralement auprès d'une collectivité locale ou régionale. Les résidents acquièrent des parts de la coopérative pour devenir membres. Ils versent un loyer mensuel à la coopérative, dont l'activité est à but non lucratif, ce qui signifie que tout excédent est réinvesti dans le bien ou la communauté. Exemples : coopérative de logements étudiants La Cigue, à Genève, Plus que vivre, à Zurich, et Sostre Civic, à Barcelone
- Fonds fonciers communautaires (FFC) : Les résidents sont propriétaires de leur logement, mais le terrain est une propriété collective, contrôlée par la communauté locale. Ils décident de son aménagement en fonction de leurs intérêts. Comme le coût du logement exclut le coût du terrain, les logements sont nettement plus abordables. CLT Bruxelles, en Belgique, et Londres CLT et Hastings Commons, au Royaume-Uni, sont quelques-unes des nombreuses applications réussies du modèle.
L'Impact:Les communautés au cœur du logement
De nombreux exemples, issus de différentes villes, démontrent que l'habitat collaboratif offre un niveau élevé de bien-être et de durabilité aux résidents, à nos villes et à notre planète. Ces expériences illustrent comment l'habitat collaboratif peut :
- Assurer l’accessibilité à long terme : en retirant les logements des marchés spéculatifs et en réinvestissant les revenus dans les avantages communautaires.
- Favoriser la cohésion sociale et l’inclusion : encourager la mixité des revenus et la vie intergénérationnelle, en donnant souvent la priorité aux groupes vulnérables tels que les réfugiés, les résidents âgés et les familles à faible revenu.
- Promouvoir la durabilité environnementale : grâce à des normes d’efficacité énergétique élevées et à des ressources partagées qui réduisent la consommation et le gaspillage.
- Renforcer les économies locales : en maintenant les structures de propriété basées sur la communauté, réduisant ainsi les fuites financières vers les investisseurs spéculatifs.







